Programme de formation autonome sur les habiletés d’autogestion et d’adaptation dyadique et adaptatif pour les aidants de personnes atteintes d’un cancer

Titre officiel

Programme de formation autonome sur les habiletés d’autogestion et d’adaptation dyadique et adaptatif pour les aidants de personnes atteintes d’un cancer : un essai pilote avec répartition aléatoire ayant plusieurs attributions séquentielles (conception SMART)

Sommaire:

Des soins liés au cancer de haute qualité au Canada dépendent d’aidants familiaux. Comme les traitements contre le cancer sont de plus en plus donnés dans des cliniques externes, ce sont maintenant les aidants familiaux qui prodiguent la plupart des soins et du soutien dont les patients ont besoin lorsqu’ils rentrent à la maison. Le problème, c’est qu’il arrive souvent que les aidants ne croient pas avoir les connaissances et les compétences nécessaires à ce rôle, surtout qu’ils sont souvent confrontés à des tâches qui étaient auparavant effectuées par des professionnels de la santé. Ils ont donc un lourd fardeau, et ont besoin d’aide supplémentaire pour faire face aux exigences de leur rôle. Des programmes qui améliorent les connaissances des aidants et qui les préparent à leur rôle peuvent avoir des effets positifs sur leur bien-être. Toutefois, ce ne sont pas des programmes offerts dans le cadre des soins de routine liés au cancer. Ils prennent tout simplement trop de temps et d’employés, et sont trop dispendieux. Cet accès limité aux ressources réduit la capacité des aidants à faire face à la situation et nuit à leur qualité de vie. Si l’objectif ultime est d’intégrer ces programmes aux soins liés au cancer, il faut avoir des modèles de prestation de services rentables. Le format d’apprentissage autonome est une approche efficace qui permet de relever ce défi, car il demande moins de soutien de la part des cliniciens, et est accessible aux individus lorsque cela leur convient le mieux. L’équipe de recherche a récemment mis au point et évalué le premier programme de formation autonome portant sur les habiletés d’adaptation à l’intention des aidants appelé « Coping-Together ». Les interventions autonomes offrent l’extensibilité requise pour les interventions en santé publique, mais jusqu’à 60 % des aidants ne s’améliorent pas après avoir reçu ce type d’intervention. Ces aidants ont besoin de plus de soutien. Cet essai conçu de manière novatrice aidera à déterminer si la formation Coping-Together peut accroître le nombre d’aidants qui s’améliorent après l’avoir reçue, en changeant le type et le niveau de soutien offert. Cette conception novatrice est de plus en plus populaire, mais n’a jamais été utilisée pour accroître la faisabilité, l’acceptabilité et l’efficacité des interventions auprès des aidants.

Description de l'essai

Critère d’évaluation principal :

  • Taux de consentement et de suivi
  • Taux d’achèvement
  • Fidélité de l’exécution de l’intervention
  • Respect de l’intervention
  • Satisfaction à l’égard de l’intervention

CONTEXTE : Malgré les améliorations en matière de détection et de traitement, un diagnostic de cancer est considéré comme un événement négatif non seulement par la personne diagnostiquée, mais aussi par ses aidants familiaux. Le cancer est la deuxième maladie la plus répandue au Canada qui demande de l’aide des aidants, et ces derniers assument maintenant plus que jamais des rôles de prise en charge de la maladie qui étaient traditionnellement exécutés par des professionnels de la santé. Cela s’explique en partie par le contexte de limitation des coûts du système de santé actuel; on dépend de plus en plus sur les soins communautaires pour gérer le fardeau des soins liés au cancer sur les milieux de soins officiels. Le soutien des aidants réduit la pression sur le système de soins de santé officiel et a une incidence positive sur l’adaptation des patients. Toutefois, les aidants s’acquittent souvent de leurs rôles avec peu de soutien officiel, ce qui entraîne beaucoup d’anxiété et une mauvaise qualité de vie (QV). C’est la raison pour laquelle de nombreuses interventions ont été élaborées, et se sont avérées efficaces pour atténuer l’anxiété des aidants et améliorer leur qualité de vie. Malheureusement, ces interventions requièrent souvent beaucoup de temps et de ressources, et sont donc trop dispendieuses pour être intégrées aux soins courants. Comme des modes d’exécution de l’intervention plus durables sont nécessaires, le format d’apprentissage autonome est prometteur (p. ex. intervention à intensité faible). Toutefois, des recherches antérieures effectuées par l’équipe ont montré que jusqu’à 60 % des aidants ne répondent pas à ces types d’intervention lorsqu’ils sont utilisés seuls, et qu’ils ont besoin de soutien supplémentaire. Les essais avec répartition aléatoire ayant plusieurs attributions séquentielles (conception SMART) sont le résultat d’une méthode de conception d’essai novatrice pour développer des interventions adaptatives de différentes durées en vue de maximiser l’efficacité clinique. Cependant, malgré leur popularité croissante, les essais SMART demeurent relativement nouveaux pour les chercheurs d’interventions. OBJECTIFS :
Cet essai pilote SMART vise à éclairer la planification d’un essai SMART subséquent de plus grande envergure pour évaluer un programme de formation dyadique et adaptatif sur les habiletés d’autogestion et d’adaptation qui suit un modèle par palier pour les aidants de personnes atteintes d’un cancer. L’objectif principal de l’essai pilote SMART est d’examiner (a) la faisabilité des procédures de l’essai et la possibilité d’offrir différents niveaux et divers types de soutien parallèlement à un programme de formation autonome sur les habilités d’autogestion et d’adaptation et (b) l’acceptabilité des combinaisons d’intervention selon les patients et les aidants. L’objectif secondaire est d’estimer l’importance clinique d’adapter le type et le niveau de soutien offert pour les résultats primaires et secondaires. MÉTHODOLOGIE : Les activités de l’étude seront coordonnées à partir du Centre de recherche de St. Mary, à Montréal. Chaque semaine, au Centre universitaire de santé McGill, au Centre hospitalier de St. Mary, et à l’hôpital d’Ottawa, un adjoint de recherche, avec le clinicien traitant, étudieront les dossiers des nouveaux patients, et détermineront ceux qui satisfont aux critères d’inclusion médicaux. Pendant les rendez-vous prévus avec les patients, les cliniciens présenteront l’étude à ceux qui y sont admissibles, et leur demanderont s’ils sont disposés à en discuter avec l’adjoint de recherche. L’adjoint de recherche réalisera ensuite l’entrevue de sélection avec les patients et leurs aidants sur place, ou les appellera pour effectuer l’entrevue. Les personnes admissibles recevront le lien vers le formulaire de consentement et le questionnaire de début d’étude par courriel. À la BC Cancer Agency et au Princess Margaret Cancer Centre, des affiches seront exposées, et les patients et les aidants seront mis au courant de l’étude par l’équipe des services de counseling aux patients et aux familles et par d’autres membres de l’équipe soignante. On invitera les patients à se proposer pour l’étude en appelant directement l’adjoint de recherche au numéro sans frais indiqué. L’étude sera également annoncée dans les médias sociaux dans le cadre du recrutement communautaire. Cette stratégie sera dirigée par le groupe de recherche Environics qui a recruté des participants pour une subvention d’équipe antérieure des IRSC. Les chercheurs visent à recruter 56 patients ayant reçu un diagnostic de cancer primitif du sein ou de la prostate, ou de cancer colorectal au cours des six derniers mois. Critères d’inclusion :

  • Traitement, ou traitement prévu
  • Aidant prêt à participer à l’étude
  • Accès à Internet
  • Patient ou aidant souffrant d’anxiété au dépistage Les dyades patient-aidant qui retournent les formulaires de consentement et les questionnaires de début d’étude (T0) seront répartis de façon aléatoire par le coordinateur de l’étude pour : (a) un programme de formation autonome et dyadique sur les habiletés d’autogestion et d’adaptation d’une durée de six semaines (programme de formation Coping-Together), ou (b) le programme de formation Coping-Together offert parallèlement à de l’encadrement de groupe en ligne, par texte, dirigé par un professionnel par le biais du site Cancer Chat Canada.
  •  Au bout de six semaines, la réponse à l’intervention sera évaluée par l’adjoint de recherche (T1) en fonction du changement au niveau d’anxiété des patients et des aidants (variable d’adaptation principale). Dans les deux groupes, les non-répondeurs seront ensuite répartis de manière aléatoire une deuxième fois pour (a) poursuivre leur intervention de la première étape, ou (b) commencer du counseling sur l’autogestion par téléphone pendant six semaines supplémentaires. Les répondeurs continueront ensuite à offrir les soins habituels. Tous les participants rempliront ensuite leur questionnaire de suivi (T2) pour étudier les changements par rapport à l’anxiété et à la qualité de vie (résultats primaires), à la dépression, aux habilités d’autogestion, à l’évaluation de la maladie, ainsi qu’à l’adaptation (résultats secondaires). L’acceptabilité sera également évaluée dans ce questionnaire, et étudiée davantage pendant les entrevues de fin avec les dyades. Les mesures de faisabilité porteront sur les caractéristiques des dyades participantes, la fidélité au protocole, le pourcentage de données manquantes, et les taux de recrutement et de rétention. IMPORTANCE : La capacité des aidants à maintenir leur qualité de vie malgré les facteurs de stress auxquels ils sont confrontés est minée par un accès limité au soutien dont ils ont besoin. Cette étude élaborera et évaluera les premières interventions adaptatives pour cette population, et comblera une lacune de recherche en consignant son acceptabilité, sa faisabilité et son importance clinique. On plaide en faveur d’un soutien aux aidants, mais aucune autre étude canadienne n’a examiné comment des interventions possiblement rentables peuvent être combinées pour répondre aux besoins des aidants. La collaboration avec six centres de cancérologie accélérera l’adoption des résultats.

Voir cet essai sur ClinicalTrials.gov

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Ressources

Société canadienne du cancer

Ces ressources sont fournies en partenariat avec Société canadienne du cancer